En juin 2025, nous alertions sur la contamination au cadmium importante et globale des Français. C’est ce rapport de l’Anses qui avait mis ce sujet au premier plan de l’actualité il y a un an. En février 2026, c’est une nouvelle fois l’Anses qui sonne l’alarme avec cet avis. Un travail de l’agence de l’état qui propose maintenant des solutions concrètes pour réduire notre exposition.

Cadmium, les Français exposés et toujours plus contaminés
Pour rappel, le cadmium est reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction (CMR).
Au regard des précédents travaux et résultats de l’Anses au sujet du Cadmium depuis 2011, nous pouvons constater que la présence du cadmium dans notre environnement et notre organisme s’est accrue jusqu’à aujourd’hui.
En effet, selon l’étude de biosurveillance ESTEBAN menée entre 2014 et 2016, 47,6 % des adultes français dépassent le seuil urinaire critique. En 2011, 14% des enfants français de 3 à 17 ans dépassaient la dose journalière tolérable. C’est entre 23 et 27 % des enfants aujourd’hui.
Que faire pour limiter notre imprégnation au cadmium
Des messages parfois contradictoires ont circulé à propos de l’équivalence de teneur en cadmium dans les aliments bio et non-bio. Pour clarifier ce point, il faut rappeler que les teneurs en cadmium permises en agriculture biologique sont plus bas pour les apports d’engrais. Ces seuils sont alignés avec la réglementation européenne (60 mg/kg de cadmium dans les engrais), contrairement à la réglementation française hors agriculture biologique (90 mg/kg).
Surtout, il faut savoir que les phosphates miniers représentent une part très faible (moins de 1%) des apports d’engrais réalisés par les agriculteurs bio, selon l’étude Phosphobio menée par l’institut technique agricole Arvalis. Une information importante quand on sait que plus de 50% de l’apport en cadmium dans les sols provient précisément de ce type de fertilisant, toujours selon l’Anses.
Les engrais organiques et issus de l’élevage étant plutôt privilégiés par les agricultrices Bio.
Enfin, selon cette méta-analyse portant sur 343 études scientifiques (Baranski et al.) publiée dans le British Journal of Nutrition en 2014, les produits Bio contiennent en moyenne 48 % de cadmium en moins que leurs équivalents conventionnels.
Vous l’aurez compris, une alimentation bio permet de réduire de manière conséquente notre exposition au cadmium.
Faute d’encourager une alimentation Bio dans son dernier avis sur le sujet, l’Anses recommande de traiter le problème à la racine en faisant évoluer la réglementation. L’agence recommande de réduire la teneur maximale en cadmium de tous les types engrais à 20 mg / kg pour infléchir durablement la pollution des sols, de notre environnement et donc de notre organisme.

Du cadmium dans les flocons d’avoine ?
L’alimentation est responsable de 98% de l’imprégnation au cadmium chez les non-fumeurs. C’est en partant de ce constat que le média indépendant 60 millions de consommateurs a analysé un produit phare de nos petits déjeuners : les flocons d’avoine.
12 références bio et conventionnel ont été analysées.
La quantité hebdomadaire tolérable de cadmium, établie par les autorités sanitaires françaises, est de 2,45 microgrammes / kilo (μg/kg) de poids corporel. Pour une personne de 70 kg, cela correspond à 171,5 μg par semaine.
Une teneur de 8 μ g/kg de cadmium a été relevée dans les gros flocons d’avoine Demeter de Celnat, soit 0.36 μg pour une portion de 45g, soit 2.52 μ g/kg pour 7 jours. C’est moitié-moins en comparaison du résultat du produit avec la plus forte teneur en cadmium analysé.
Ce comparatif est une preuve concrète de la capacité de l’agriculture Demeter à fournir une alimentation saine.
