Labels alimentaires : écart entre promesses et réalité

Les labels, marques et autres certifications alimentaires se multiplient sur les produits, au point de perdre parfois le consommateur. Afin d’y voir plus clair Greenpeace, WWF et l’agence Basic ont publié une étude qui passe au crible 11 démarches* sur les principaux enjeux environnementaux et socio-économiques.

 

Cette étude révèle qu’il existe un écart significatif entre les intentions de certaines démarches et les bénéfices environnementaux et socio-économiques avérés. De plus, elle souligne que les démarches qui partagent le socle de l’agriculture biologique, comme Demeter, ont les bénéfices les plus forts.

Méthodologie de l’étude

L’étude a été réalisée à partir d’un panel de 11 démarches françaises de durabilité alimentaire.

Les auteurs ont évalué l’impact de ces démarches sur 14 enjeux environnementaux (climat, biodiversité, ressource en eau, ressources énergétiques et matériaux, qualité des sols, qualité de l’air, pertes et gaspillage) et socio-économiques (niveau de vie décent, santé humaine, bien-être animal, sécurité alimentaire, équité socio-économique, conditions de travail, droit du travail et cohésion sociale), mais aussi sur leurs actions mises en œuvre.

Les résultats de l’étude

Les résultats par démarche sont lisibles sous forme de schéma – les problématiques environnementales sont illustrer en vert et les socio-économiques en bleu. Plus l’impact est positif, plus la couleur est foncée.

Les certifications partageant le socle de la bio ont le plus de potentiel d’impacts positifs : Agriculture Biologique, Bio Equitable en France, Demeter, Nature & Progrès. Les démarches telles qu’Agri Confiance, Zéro résidu de pesticides, HVE sont définies comme ayant les effets positifs les plus faibles et les moins avérés.

Demeter, très bon élève

Demeter fait partie des très bons élèves car l’impact potentiel est cohérent avec l’intention recherchée, qui cherche à s’adresser à toutes les composantes du vivant.

 

L’impact potentiel est le plus fort dans deux domaines : la qualité des sols et celle de l’eau, ce qui est également cohérent avec l’intention de notre démarche, car une grande attention est apportée à la qualité des sols, et de nombreux efforts vont dans ce sens : pas d’utilisation d’engrais de synthèse, rotations de culture, utilisation de composts et de préparations biodynamiques dynamisées – entre autres. Tous ces éléments influent aussi sur la qualité de l’eau.

Les impacts potentiels sur la qualité de l’air, la biodiversité et le bien-être animal sont également significatifs, et s’expliquent essentiellement par les actions qui sont en commun avec l’agriculture biologique (interdiction des pesticides de synthèse, des OGM, des médicaments à titre préventif…) mais aussi par des actions propres de la démarche qui viennent renforcer les dynamiques positives (recherche de diversification et d’autonomie des fermes, conditions d’élevage qui s’adaptent à l’animal, développement de la biodiversité : 10% de la surface agricole doit être dédiée aux zones de biodiversité et/ou la ferme doit mettre en œuvre des actions concrètes pour le développement de la biodiversité…).

L’impact potentiel sur le respect de l’humain (revenu, conditions de travail, santé…) provient notamment de l’accent mis sur l’autonomie des fermes, la réduction de d’utilisation d’intrants et la restriction des additifs dans les produits transformés. De plus, depuis 2021, nous avons également complété notre cahier des charges par des principes de responsabilité sociale et sociétale, qui s’appliquent à toute structure certifiée Demeter.

Les recommandations de l’étude

En conclusion, le rapport délivre des propositions et recommandations de Greenpeace et de WWF :

  • Conditionner le soutien public aux impacts des démarches et non à leurs intentions affichées
  • Suspendre le soutien public à la certification HVE tant que le cahier des charges n’a pas été révisé et renforcer le soutien à l’agriculture biologique
  • Réviser les démarches identifiées comme “durables” dans la loi Egalim
  • Compléter le travail de l’affichage environnemental mené par le ministère de la Transition écologique

Consulter :

* Panel de 11 démarches françaises de durabilité alimentaire étudiées : Agriculture biologique (AB), Bio Équitable en France, Demeter, Nature & Progrès, Agri Confiance, Zéro résidu de pesticides, Haute valeur environnementale, Bleu-Blanc-Cœur (filière bovine et filière porc-volaille), Appellation d’origine protégée (AOP, filière Comté et Cantal), Label Rouge (filière volaille de chair et filière porcine) et C’est qui le Patron ?! (filière lait liquide et filière jus de pomme).