Les vins bio et Demeter sont-ils meilleurs ?

La nouvelle étude de Magali Delmas, économiste de l’environnement à UCLA (Université de Californie Los Angeles) et Olivier Gergaud, économiste à KEDGE Business School de Bordeaux, révèle que les vins certifiés biologiques ou biodynamiques par un organisme tiers sont jugés meilleurs que les vins sans certification.

Cette étude a été réalisée sur 128 000 vins français produits de 1995 à 2015, et évalués auprès de trois guides des vins réputés : Gault & Millau, Gilbert & Gaillard et Bettane & Desseauve. Parmi les 128 000 vins de l’étude, 3,9% étaient certifiés bio ou biodynamiques entre 1995 et 2000 contre 7,4% entre 2001 et 2014.

Objectif de l’étude

L’objectif de l’étude a été d’évaluer l’impact des labels écologiques sur l’évaluation de la qualité des vins. Ils ont alors comparé les notes obtenues dans trois guides des vins réputés (Gault & Millau, Gilbert & Gaillard et Bettane & Desseauve) des vins français labellisés avec et sans certification établie par un tiers aux vins conventionnels.

Résultats de l’étude

Les résultats de l’étude indiquent une différence significative entre la qualité du vin produit avec des pratiques certifiées par un label et les pratiques conventionnelles. Il ressort également une différence significative entre les pratiques durables certifiées et non certifiées.

Les vins certifiés bio sont en moyenne mieux notés que les vins conventionnels (6,2% de plus) ou ceux ayant adoptés un label sans contrôle par un tiers (agriculture raisonnée). Pour les vins en biodynamie, la différence par rapport aux vins conventionnels ou raisonnés est de l’ordre de 11,8%.

Il ressort également que l’agriculture raisonnée (non certifiée), est associée à des notes similaires, voire inférieures, à celles des vins conventionnels.

Magali Delmas constate « qu’en moyenne, les vins biodynamiques sont mieux notés que les vins biologiques. Les vins biodynamiques ont acquis une réputation de qualité particulière […]. Par exemple, le Domaine de la Romanée Conti en Bourgogne et le Château Pontet Canet, un vignoble classé de Pauillac dans la région viticole de Bordeaux en France, ont été les premiers à adopter la biodynamie en 1996 et 2004 respectivement. »

Une précédente étude réalisée en 2016 par les mêmes auteurs sur près de 70 000 vins californiens présentait des résultats similaires. En effet, elle révélait que les vins certifiés biologiques ou biodynamiques Demeter obtenaient en moyenne des notes supérieures à celles des vins conventionnels (4,1%).

Quelques chiffres

De plus en plus de domaines français convertissent leurs vignes à l’agriculture biologique ou biodynamique. Entre 2001 et 2019, les vignes biologiques (certifiées et en conversion) ont progressé de 1,5 à 14,1% en France, soit 112 057 hectares (source : Agence bio).

En 2020, Demeter comptabilise plus de 1000 domaines viticoles dans le monde sur plus de 17.000 ha de vignes certifiées. En France, ces chiffres s’élèvent à 552 domaines viticoles (certifiés et en conversion) soit l’équivalent de 9236 ha de vignes. Le monde du vin biodynamique peut continuer à se réjouir car ces chiffres ne cessent de progresser ces dernières années.

 

Source : www.sciencedirect.com

Crédit photo : Yool