Communiqué de presse

La biodynamie est une agriculture ouverte sur le monde

et non un mouvement sectaire

Des émissions récentes de radio et de télévision (C ce soir, France 5 (2021, 28 octobre)1 et Grand bien vous fasse, France Inter (2021, 18 novembre)2) présentent la biodynamie en remettant en cause ses fondements et pratiques. Les arguments utilisés sont toujours les mêmes – agriculture cachant une idéologie sectaire, pseudo-science, pratiques d’un autre âge, etc. – visant ainsi à discréditer cette pratique agricole. De plus, certaines publications médiatisées récemment comme l’ouvrage Le nouveau Péril sectaire3 de Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre amalgament sans distinction la biodynamie avec les théories d’autres groupes et personnalités telles que Thierry Casanovas avec qui elle n’a aucun lien, lui attribuant une dangerosité et une propension à l’endoctrinement qu’elle n’a pas.

Le Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique (MABD) et Demeter France, organisations nationales de l’agriculture biodynamique, s’élèvent contre ces affirmations non fondées et tiennent à rectifier un certain nombre de points.

Une approche originale et holistique ouverte à tous

L’agriculture biodynamique est une approche holistique de l’agriculture qui s’inspire entre autres de la pensée du philosophe autrichien Rudolf Steiner mais aussi de celle d’autres penseurs et agronomes tels Olivier de Serres, Spinoza, Goethe, Pfeiffer. Elle est aujourd’hui pratiquée dans plus de 65 pays, sur tous les continents.

Une étude récente4 de Jean Foyer dans la Revue d’Anthropologie des Connaissances établit que le lien des biodynamistes avec les origines philosophiques de la méthode, l’anthroposophie, varie énormément d’une personne à l’autre, montrant ainsi que chacun est libre de s’en approprier les fondements ou non. Les organisations françaises de la biodynamie sont des structures associatives totalement transparentes et démocratiques auxquelles chacun peut librement adhérer. Elles sont fédérées au niveau mondial à la Biodynamic Federation Demeter International, elle-même organisation associative aux règles démocratiques. C’est d’ailleurs grâce à ces structures participatives ouvertes que la biodynamie a pu évoluer et se développer en intégrant les résultats des recherches et des observations pratiques de nombreux paysan(ne)s et chercheurs.

La biodynamie : certification et rigueur

L’agriculture biodynamique fait partie de l’agriculture biologique. A ce titre, tous les producteurs respectant le cahier des charges de la biodynamie (marque collective Demeter) respectent le cahier des charges de l’agriculture bio selon le règlement européen. Il s’agit d’une pratique agricole strictement contrôlée par des organismes indépendants tels Ecocert.

Une étude récente de WWF, Greenpeace et BASIC5, ONGs indépendantes, montre que la marque Demeter est l’une des plus exigeantes tant pour le respect de l’environnement que pour l’aspect social.

La biodynamie contribue à protéger notre planète

Ainsi, à notre époque de crise écologique et climatique, les pratiques biodynamiques basées sur l’expérimentation et une observation fine de la nature contribuent, entre autres, à respecter et à accroître la biodiversité (interdiction de la monoculture et de tout traitement de synthèse et OGM, obligation de garantir la présence de 10 % de zones de diversité sur chaque domaine agricole), à limiter les effets du changement climatique par l’augmentation de la teneur en carbone du sol et à créer des emplois ruraux. Les pratiques biodynamiques, même si certaines comme les préparations biodynamiques peuvent surprendre au premier abord, sont tout à fait transparentes. Par exemple, la bouse de corne souvent citée est un activateur destiné à diriger les processus microbiens du sol. Pourquoi la pratique de la fermentation de substances dans des organes animaux communément acceptée par la société pour produire des saucissons (le fameux boyau naturel), serait-elle problématique lorsqu’il s’agit de plantes médicinales ajoutées à doses infinitésimales à la fumure cf. les préparations biodynamiques ?

Des études scientifiques récentes6, menées par des chercheurs réputés, montrent par ailleurs l’intérêt de ces pratiques pour la santé et la résistance des cultures, facteur essentiel en période de changement climatique.

Développer une approche sensible du vivant

D’autres aspects plus intimes souvent qualifiés d’ésotériques sont de l’ordre de la recherche personnelle et ne correspondent à aucune obligation dans les cahiers des charges.

Ainsi, certains biodynamistes observent l’influence des positions de la lune et des astres sur les cultures, domaine que la chronobiologie, science émergente, enrichit régulièrement de nouvelles découvertes, voir à ce sujet le succès du livre Les arbres entre visible et invisible d’E. Zürcher7.

D’autres s’intéressent à l’approche sensible de la nature et aux êtres élémentaires de la nature, encore une fois sans prosélytisme, libre à chacun de s’y intéresser ou non. Cela rejoint par ailleurs les approches d’autres cultures comme celles des peuples autochtones8. C’est une des raisons pour lesquelles la biodynamie rencontre un vif intérêt dans les pays où les populations sont restées plus proches de la Nature (Inde, Amérique du Sud, Afrique).

La qualité des produits biodynamiques

Enfin, il faut rappeler qu’on reconnaît un arbre à ses fruits. Or, tant la qualité des produits biodynamiques que ses résultats sur la santé des cultures et l’environnement, sont de plus en plus reconnus que ce soit par la recherche ou par les consommateurs9 cf. étude publiée sur le site de Biodynamie Recherche : les vins certifiés bio et biodynamiques sont-ils meilleurs ?

Dans le contexte actuel de crise écologique généralisée avec diminution rapide de la biodiversité et changement climatique accéléré, les organisations françaises de la biodynamie telles que le Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique et Demeter s’engagent à poursuivre et à amplifier leur engagement pour des pratiques agricoles respectueuses de notre planète et de la santé humaine.

Contacts :

  • Jean-Michel Florin, formateur au MABD – Tél. 07 84 02 64 64 – jm.florin@bio-dynamie.org
  • Jacques Fourès, membre du Conseil d’Administration du MABD – Tél. 06 08 22 63 68
  • Patrick Lespagnol, Président du MABD – Tél. 06 78 17 08 20
  • Aurélie Truffat, Responsable Communication Demeter – Tél. 03 89 41 43 95 – communication@demeter.fr

 

1. Snégaroff, T. (2021, 28 octobre). Sectes, les nouvelles menaces. [Emission de télévision] C ce soir. France 5.

2. Rebeihi, A. (2021, 18 novembre). Comment se protéger des sectes. [Emission de radio] Grand bien vous fasse. France Inter.

3. Adénor, J.L., De Rauglaudre, T. (2021, 14 octobre). Le nouveau péril sectaire. Robert Laffont.

4. Foyer, J. Syncrétisme des savoirs dans la viticulture biodynamique. Incorporation dans l’expérience et le sensible et trajectoire initiatique. Dans Revue d’anthropologie des connaissances 2018/2 (Vol. 12, N°2), pages 289 à 321.

5. Collectif d’auteurs WWF, Greenpeace et BASIC. (2021, juin). Étude de démarches de durabilité dans le domaine alimentaire. Rapport d’analyse transverse.

6. Synthèse de la méta-analyse de chercheurs de l’INRAE et d’Agro Paris Tech d’un article de Christel et al. publié dans la revue Environmental Chemistry Letters en août 2021. Titre original : Impact of farming systems on soil ecological quality: a meta-analysis.

7. Zürcher, E. (2016) Les Arbres, entre visible et invisible. Actes Sud.

8. Mouterde, P. (2021, 11 septembre). Les peuples autochtones, acteurs majeurs de la protection des espèces et des écosystèmes. Le Monde.

9. Synthèse par M. Quantin d’un article de Magali A. Delmas et Olivier Gergaud publié dans la revue Ecological Economics (fév 2021). Titre original : Sustainable practices and product quality: Is there value in eco-label certification? The case of wine.

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