Zoom sur le cahier des charges apiculture Demeter

26.04.2018

Cahier des charges apiculture DemeterL’un des principaux objectifs du cahier des charges apiculture Demeter est de “restaurer les forces vitales de la ruche”, les abeilles étant devenues très dépendantes des activités humaines. Le travail des apiculteurs Demeter consiste “ à maintenir la capacité d’auto-régénération et la vitalité des colonies.” Il en découle de très fortes exigences, allant bien au delà de la règlementation bio européenne.

Quelques exemples: ruches en matériaux naturels et entretenues uniquement avec des produits écologiques, utilisation des préparations biodynamiques, récolte de miel limitée pour en laisser aux abeilles pour l’hiver (au moins 10%), rognage des ailes interdit, construction des rayons par les abeilles dans le corps de ruche, multiplication des colonies par essaimage naturel uniquement, procédés d’extraction du miel règlementés (pas de chauffage au-dessus de 35°C, filtration sous pression interdite, etc.), conditionnement du miel en pots en verre uniquement. Par ailleurs, l’apiculteur doit favoriser le développement de races d’abeilles locales.

Ruches Demeter de Denis BettendDenis Bettend est un passionné qui a initialement développé une apiculture familiale dans le plus grand respect des abeilles. De fils en aiguilles, son activité apicole obtient la certification bio en 2001 puis Demeter en 2015. A ce jour, il a implanté 134 ruches sur 15 hectares et son miel est commercialisé en magasins bio. Denis Bettend a très gentillement accepté de nous en dire plus sur ses pratiques apicoles.

Développement d’une race d’abeilles locale

« Je reproduis mes propres colonies en essaims dirigés, permettant au bout de nombreuses années de travailler avec une abeille locale adaptée à mon terroir et regroupant les qualités nécessaires à la bonne pratique de l’apiculture. » indique Denis Bettend. Mr. Bettend ne pratique pas la transhumance, et étudie donc méticuleusement l’implantation de nouvelles ruches, pour assurer aux abeilles un « apport diversifié et échelonné des nectars et pollens au fil des saisons » et un approvisionnement en eau de qualité. « Je suis aussi très vigilant à reproduire dans mes ruches la thermorégulation d’une colonie comme si celle-ci était à l’état sauvage dans un tronc d’arbre. »

Du miel pour les abeilles

« J’arrête la récolte autour du 10 juillet , c’est à dire au départ de la floraison du châtaignier chez nous, l’objectif est de préparer les colonies à l’hivernage en les resserrant, d’intervenir sur varroas, et de laisser la récolte pour elles (nectar et pollen). Ceci a pour énorme avantage de créer une nouvelle dynamique et surtout de ne pas avoir à nourrir [les abeilles avec du sucre]. Je considère que le sportif de haut niveau qu’est l’abeille doit s’alimenter avec des produits naturels et de qualité… »

Préparations biodynamiques

« Septembre et ses premières nuits froides riment avec dynamisation de la préparation biodynamique 501 (silice de corne) pour pulvérisation sur et autour des ruchers. Cela apporte aux abeilles des forces solaires dont elles tirent profit tant sur le plan végétal qu’animal. » Au printemps, « j’attends que la terre se réchauffe afin de dynamiser de la 500P (bouse de corne) pour la pulvériser sur la plus grande surface possible autour des ruchers, c’est ainsi que j’ai converti des agriculteurs bio à la biodynamie …). »

Bon sens et respect des abeilles

L’apiculture peut sembler complexe aujourd’hui, avec les problématiques de produits phytosanitaires, frelons, virus, maladies, réchauffement climatique… Pourtant, Denis Bettend observe très souvent un manque « de logique et de technicité » dans la gestion des ruchers. Cette mauvaise gestion est la première source de difficultés, amplifiées par les problématiques énoncées précédemment. « En plaçant nos abeilles dans des périmètres naturels, en adaptant la race à la flore et au climat locaux, en acceptant de partager avec elles une partie des récoltes, en respectant les conseils déjà énumérés alors tout fonctionne…..et , si en plus on adopte les principes de base de la biodynamie alors, on se rend vite compte que les abeilles vont bien et que l’on peut vivre en harmonie avec elles… ».

Un grand merci à Denis Bettend pour sa contribution.
Photos: Demeter France et Denis Bettend.

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