La préparation biodynamique « bouse de corne »

06.04.2018

Crédit photo: Genée Jérôme

L’élaboration des préparations biodynamiques peut sembler bien étrange pour un novice en biodynamie, et peut-être plus encore pour les occidentaux. Tout ne s’explique pas encore, c’est incontestable, mais force est de constater que les résultats sont là. Et c’est ce qu’on recherche, les résultats, en biodynamie : rendre les cultures plus résistantes aux maladies, augmenter leur capacité à assimiler eau et nutriments et enfin régénérer des sols épuisés par une agriculture chimique et/ou par une mauvaise gestion agronomique.

La bouse de corne ou « 500 », préparation essentielle en biodynamie

La préparation nommée « bouse de corne » est fondamentale en biodynamie. Appliquée au printemps sur terre réchauffée et/ou à l’automne sur terre encore chaude, elle est un puissant édificateur de la structure du sol, un activateur de la vie microbienne. Elle favorise la formation de l’humus, l’absorption hydrique et peut donc réduire la nécessité d’arrosage. Cette préparation stimule la faculté de fixation du CO2 dans les sols et régule le pH du sol en accroissant celui des sols acides et en atténuant celui des sols alcalins. Elle stimule la croissance générale du système racinaire et particulièrement son développement vertical vers la profondeur, la roche-mère, où se trouvent les minéraux spécifiques au terroir. Elle est donc particulièrement intéressante pour nos amis vignerons, qui cherchent à renforcer le lien intime de la vigne avec son terroir et à élaborer des vins uniques. Elle peut également aider à lutter contre les phénomènes de salinisation.
Le cahier des charges Demeter impose l’application d’au moins une bouse de corne par an.

Elaboration de la bouse de corne

Préparation bouse de corne

La bouse de corne est élaborée en introduisant de la bouse de vache dans une corne d’une vache qui a vêlé au moins une fois. Bien évidemment, aucun animal n’est tué pour l’élaboration des préparations, ni même écorné (interdit par le cahier des charges Demeter). Les cornes sont récupérées sur des animaux abattus à d’autres fins. La corne remplie est ensuite enterrée de l’équinoxe d’automne à l’équinoxe de printemps.
A sa sortie de terre, la bouse introduite dans la corne est totalement métamorphosée, elle n’a plus d’odeur et présente une forte activité biologique. Les observations de la préparation « 500 » au microscope par Lydia et Claude Bourguignon, biologistes des sols que l’on ne présente plus, « montrent une grande variabilité de la teneur en microbes selon l’origine des préparations », allant jusqu’à « 10 Milliards de microbes/g (densité impossible à obtenir sur les milieux de culture de laboratoire). Par contre, nous observons toujours une grande biodiversité (levures, champignons, bactéries et actinobactéries), impossible à obtenir en fermenteur. »

Application de la bouse de corne

La bouse de corne ainsi obtenue est ensuite diluée (compter 100 grammes dans 30 à 35 litres d’eau pour un hectare) dans de l’eau et brassée, ou plus exactement « dynamisée » (principe de l’homéopathie) manuellement ou à l’aide d’un dynamiseur pendant une heure. La préparation diluée doit ensuite être pulvérisée sur les sols, idéalement dans l’heure qui suit la dynamisation. La pulvérisation de la bouse de corne doit se faire le soir après 17 heures.

Résultats

Les préparations biodynamiques, utilisées de manière pertinente et complémentaires permettent d’améliorer la structure du sol. Ces effets positifs ont été démontrés notamment grâce à l’essai DOC réalisé par le FIBL Suisse sur plus de 20 ans.
Retrouvez ici les derniers résultats de recherche en agriculture biodynamique.
Lydia et Claude Bourguignon ont également fait les observations suivantes: « Nous avons pu faire des comparaisons sur l’activité d’un même sol cultivé en biodynamie et en biologie. Les résultats ont fait l’objet d’une publication à l’IFOAM. Nous n’avons pas observé de différence d’activité biologique en surface. Par contre, le sol de profondeur en biodynamie a une activité significativement supérieure. Ceci se traduit par une plus grande teneur en éléments assimilables en profondeur » et, pour le milieu viticole, « par un changement gustatif du vin issu du même terroir. »

Un grand merci à Lydia et Claude Bourguignon pour leur contribution.
Plus d’informations sur leur travail: http://www.lams-21.com/artc/LAMS/1/fr/

Crédit photo: Jérôme Genée

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