Le contrôle de la certification Demeter, comment ça marche ?

Les produits Demeter ont une double certification : ils sont contrôlés et certifiés bio selon le cahier des charges européen et contrôlés et certifiés selon le cahier des charges Demeter.
Demeter France certifie 460 producteurs et 69 transformateurs, en France et en Belgique francophone. L’obtention de la marque Demeter étant annuelle, ils sont contrôlés chaque année.
Nous vous proposons un tour d’horizon du parcours de certification, du contrôle jusqu’à l’obtention du certificat.

Qui réalise le contrôle ?
Plusieurs contrôleurs travaillent pour l’association Demeter mais ils ne peuvent réaliser tous les contrôles. Une partie de ceux-ci est donc déléguée à différents organismes de certification de l’agriculture biologique. Dans ce cas, le contrôle Demeter et le contrôle bio sont réalisés en même temps. Les autres contrôles sont effectués par les contrôleurs Demeter ; notamment le premier contrôle, qui fait suite à la demande de certification initiale. Chaque producteur reçoit la visite d’un contrôleur Demeter au minimum une fois tous les 3 ans. Cela permet d’avoir une meilleure vision de la biodynamie sur le domaine (avec par exemple une observation du sol) ainsi qu’un échange plus approfondi au sujet de la biodynamie. Tous les contrôles sont effectués à l’aide des mêmes formulaires, fournis par Demeter.

Le déroulement du contrôle
Le remplissage des documents a lieu après une visite de terrain sur le domaine qui permet d’avoir une vue d’ensemble des pratiques agricoles ou encore d’observer le sol, les plantes, les animaux, le matériel, etc.
Jean Costa, arboriculteur Demeter retraité et contrôleur pour Demeter France, témoigne :
« On commence toujours par les profils de sol (observation du sol, NDLR), puis le stockage des préparations biodynamiques et le matériel de dynamisation et de pulvérisation, et parfois les outils de travail du sol. Si l’hygrométrie est correcte lors de la réalisation de ces profils, et en tenant compte du type de sol, on peut dire que c’est la « minute de vérité » ! Et souvent c’est la compacité du sol qui étonne les producteurs, ou la structure, l’hygrométrie et l’odeur, surtout à une certaine profondeur. L’idéal c’est d’en faire au moins trois, dans trois zones les plus différentes et significatives possibles, après on peut essayer de comprendre et tirer des conclusions ou même aider les producteurs à s’améliorer.
Après la visite de terrain, ce sont les papiers à contrôler et à remplir. »

Les documents de contrôle
Il existe deux documents pour le contrôle Demeter :
– Un document déclaratif, rempli par l’agriculteur avant le contrôle. Il s’agit d’une description des pratiques agricoles, comme par exemple la fumure, l’application des préparations biodynamiques, les traitements, les rations des animaux d’élevage, etc. Un descriptif de la vinification s’y ajoute le cas échéant.
– Un document de contrôle, rempli par le contrôleur lors du contrôle. Il s’agit d’une liste des points du cahier des charges à vérifier. Pour cela, le contrôleur utilise d’une part le document déclaratif rempli par l’agriculteur et d’autre part les documents présents sur le domaine (factures, cahier de cultures, cahier d’élevage, fiches de cave, etc.).
Le contrôleur collecte aussi divers documents comme par exemple les factures ou encore les étiquettes des produits commercialisés qui doivent être validées par Demeter.

La certification
Ensuite, quelles que soient les modalités du contrôle, le dossier contenant tous ces documents est envoyé à Colmar (68) dans les locaux de Demeter France, où est réalisée la certification. A partir des renseignements fournis, l’un des responsables de certification va étudier la demande d’obtention de la marque Demeter. La certification est réalisée en lien avec un comité de certification indépendant de l’association Demeter, afin de garantir l’impartialité et l’absence de conflit d’intérêt dans le processus de certification. Ce comité statue sur les éventuelles non-conformités importantes relevées lors du contrôle et décide des actions correctives qui seront demandées, mais aussi des éventuelles sanctions en cas de non-conformités graves ou répétées. Si tout est en ordre, un certificat pourra être délivré, assorti le cas échéant de remarques ou de points à corriger avant le prochain contrôle.

Le mot de la fin, par Jean Costa :
« Chaque producteur a sa propre histoire, sa propre progression, ses propres problèmes, ses propres visions des choses et il est bon de s’intéresser à chacun d’eux. Je dois cependant rester objectif ! Au-delà du contrôle, c’est aussi à nous de leur donner des points de repère, de les guider vers une pratique consciente des possibilités de la biodynamie. »