Demeter Inde se structure!

Le rôle de Demeter International est d’organiser le contrôle et la certification Demeter dans les pays ne disposant pas encore de structure nationale agréée pour effectuer ce travail.
A ce jour, 18 pays sont agréés et assurent eux-mêmes la certification dans leur pays: Allemagne, Autriche, Brésil, Danemark, Egypte, Espagne, Finlande, France, Grande-Bretagne, Italie, Luxembourg, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pays-Bas, Slovénie, Suède, Suisse, USA et ce sera bientôt le tour de Demeter Inde de rejoindre Demeter International en tant que membre à part entière.
A cette occasion, Demeter France a rencontré Krishnan Venkataraman (KV), futur responsable de certification pour Demeter Inde, sur Biofach 2016.

Krishnan ROGNEEKrishnan, Demeter Inde va bientôt devenir une entité à part entière. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
KV : Tout d’abord, beaucoup de travail ! Cela va nous permettre de promouvoir la biodynamie en Inde, pas seulement en termes de certification, mais en tant que bonnes pratiques agricoles. Nous commençons aussi à collecter les données du terrain, dans les fermes pratiquant la biodynamie. Ce sont des directions que nous prenons même sans être membre à part entière, mais ce changement de statut va nous faire avancer avec plus de détermination.

Combien de fermes sont certifiées Demeter en Inde ? Sur quelle surface, et dans quelles régions ?
KV : Nous avons environ 30 projets sur 4000 hectares. Ce sont principalement des plantations de thé situées dans le Nord-Est. Mais il y a aussi des fermes dans le Sud et le Centre de l’Inde, qui produisent du café, du thé, des épices, des mangues, des tisanes…

Comment la biodynamie est-elle arrivée en Inde ?
KV : D’après le Dr. Lucas Dengel [doctorant allemand habitant Auroville, formateur en biodynamie], certains concepts de biodynamie étaient présents à Auroville en 1969. Des pratiques seraient apparues dans les années 1970 dans la région de Kodaikanal. Une pratique suivie de la biodynamie a commencé avec le conseiller international Tadeu Caldas à partir de 1989 à Dehradun, et avec Julius Obermaier, également conseiller en biodynamie, en 1992 à Maharashtra et Goa. En 1993, Peter Proctor est arrivé en Inde. A partir du milieu des années 1990, il est venu régulièrement et sur de longues périodes, et a initié les pratiques biodynamiques (indépendamment de la certification) dans tout le pays.

Comment êtes-vous personnellement venu à la biodynamie ?
KV: Par mon ami et collègue Dr. Lucas Dengel, il y a presque 20 ans. Suivant ses conseils, j’ai suivi un cours de biodynamie avec Peter Proctor.

La pratique de la biodynamie est-elle facile pour les Indiens ?
KV : La philosophie (lien à la Terre, aux plantes, influence des rythmes naturels,…) est facile à appréhender. La plus grand difficulté est de trouver certaines matières premières en quantité suffisante pour élaborer les préparations.

Quels sont les enjeux majeurs pour le développement de la biodynamie en Inde ?
KV :  C’est vraiment la disponibilité des matières premières pour les préparations qu’il faut améliorer: nous devons par exemple développer de manière plus conséquente la culture de certaines plantes. De plus, dans deux états, il est interdit d’abattre les bovins, et par conséquent, il est difficile de récupérer les cornes.

Propos recueillis par Maëva Bourgeois, Demeter France.